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Nuno Sobreira
Fondateur Watts Up Group
Nuno accompagne depuis plus de 25 ans les professionnels dans l’optimisation de leurs factures énergétiques et la sécurisation de leurs contrats.
Tensions au Moyen-Orient et marché de l’énergie : Comprendre la hausse pour mieux agir
Le retour de l’incertitude énergétique en 2026
Depuis les événements en Iran fin février 2026 et les tensions liées autour du détroit d’Ormuz (point de passage pour 30% des hydrocarbures mondiaux), le marché de l’énergie est sous haute tension.
En seulement quatre mois, le prix du gaz pour l’échéance CAL 2027 a grimpé de plus de 43%.
Alors, faut-il céder à l’urgence ou adopter une approche plus mesurée ?
Derrière ces actualités alarmantes se cache une réalité plus complexe. Aujourd’hui, nous allons analyser l’impact réel sur les coûts énergétiques des entreprises et les stratégies à adopter pour ne pas subir la volatilité.
Marché du gaz : une surchauffe sous tension géopolitique
Hausse des prix du gaz CAL 2072 : les chiffres
La fermeture partielle du détroit d’Ormuz a déclenché une réaction en chaîne sur les marchés gaziers :
Janvier 2026 : En moyenne 24,92 €/MWh
Février 2026 : En moyenne 25,88 €/MWh
Mars 2026 : En moyenne 38,15 €/MWh (avec un pic à 45,96 €/MWh le 14 mars)
Avril 2026 : En moyenne 35,82 €/MWh
Soit une hausse de +43% entre les moyennes de janvier jusqu’à ce jour.
Géopolitique : une crise qui s’intensifie
Ce qui était encore une « fermeture partielle » en mars est devenu une crise maritime importante :
- Depuis le 27 février, le volume de marchandises transitant par le détroit s’est effondré de 96 %.
- Le 13 avril, Donald Trump a annoncé un blocus maritime américain dans la mer d’Arabie, ciblant les navires partants ou rejoignant les ports iraniens.
- L’Iran a annoncé le 17 avril une réouverture du détroit avant de le refermer dès le 18 avril.
- Le 20 avril, un destroyer américain a ouvert le feu sur un cargo iranien, provoquant un nouveau bond du pétrole de plus de 7 %.
- Le 22 avril, l’Iran a saisi deux nouveaux navires dans le détroit, malgré la prolongation d’une trêve décidée unilatéralement par Trump.
Cette volatilité confirme que toute décision précipitée serait particulièrement risquée en ce moment.
CAL 2027 VS CAL 2028 VS CAL 2029 : le paradoxe des prix
Si le CAL 2027 s’est emballé, les échéances lointaines témoignent d’une confiance relative du marché :
| CAL 2027 | CAL 2028 | |
| Janvier 2026 | 24,92 €/MWh | 22,87 €/MWh |
| Février 2026 | 25,88 €/MWh | 22,52 €/MWh |
| Mars 2026 | 38,15 €/MWh | 27,15 €/MWh |
| Avril 2026 | 35,82 €/MWh | 27,14 €/MWh |

Le CAL 2028 a certes progressé mais reste autour de 27 €/MWh en avril. Le CAL 2029 lui, se maintient autour de 24€/MWh soit un niveau très proche des prix de janvier 2026. Le marché ne croit finalement peut-être pas à une pénurie structurelle durable.
Les remparts de la sécurité énergétique européenne
Face à l’incertitude, l’Europe s’appuie quand même sur plusieurs piliers solides :
- La production américaine de gaz atteint des sommets historiques en ce début 2026
- L’expansion des infrastructures liquéfiées diversifie les options d’achat de l’Europe.
- Les expéditions gazières norvégiennes fonctionnent à nouveau à plein régime.
- La France et le Royaume-Uni ont tenu une nouvelle réunion le 17 avril pour constituer une mission multinationale de protection de la liberté de navigation dans le détroit
- Emmanuel Macron a proposé une mission « purement défensive » pour escorter les navires dès la fin de la phase la plus chaude du conflit.
Marché de l’électricité : Une hausse bien plus contenue
Les chiffres du CAL 2027 électricité
Contrairement au gaz, le marché de l’électricité affiche une résilience remarquable :
- Janvier 2026 : moyenne 50,24 €/MWh
- Février 2026 : moyenne 50,45 €/MWh
- Mars 2026 : moyenne 57,08 €/MWh (pic à 61,67 €/MWh le 6 mars)
- Avril 2026 : moyenne 54,53 €/MWh,
Une hausse de +8,7% depuis janvier, le marché est déjà en phase de détente, revenant vers 54 €/MWh. Le choc est donc bien plus amorti que le segment gazier.
CAL 2027 VS CAL 2028 VS CAL 2028 : Une structure de prix atypique
| CAL 2027 | CAL 2028 | CAL 2029 | |
| Janvier 2026 | 50,24 €/MWh | 51,89 €/MWh | 53,87 €/MWh |
| Février 2026 | 50,45 €/MWh | 49,43 €/MWh | 50,78 €/MWh |
| Mars 2026 | 57,08 €/MWh | 51,75 €/MWh | 53,81 €/MWh |
| Avril 2026 | 54,53 €/MWh | 51,28 €/MWh | 54,35 €/MWh |

En avril, les CAL 2028 et 2029 restent proches du CAL 2027, autour de 51–55 €/MWh. Le marché intègre une tension persistante sur le long terme, liée notamment à la hausse du prix du carbone et à la réduction progressive des capacités pilotables. Une raison de plus pour construire une stratégie d’achat réfléchie plutôt que précipitée.
Pourquoi garder la tête froide sur l’électricité ?
La France dispose d’atouts majeurs pour limiter la casse :
- Production nucléaire et hydraulique performante en 2026
- Déploiement progressif de nouveaux réacteurs (sécurité à long terme)
- Tarifs partiellement protégés : Moins exposés aux chocs géopolitiques que le gaz.
- Mix fossiles/ renouvelables : Equilibre qui permet de lisser les risques.
Les prix pour le moment restent maîtrisés et les perspectives 2028-2029 sont déjà plus rassurantes. Cependant, une vigilance active reste indispensable.
Stratégie d’achat : ne pas confondre urgence et précipitation
Le risque de « l’achat panique » pour vos contrats énergétiques
Sous la pression des médias et des fournisseurs, beaucoup d’entreprises signent des dans la précipitation. Les conséquences peuvent être lourdes :
- Verrouiller un prix élevé : signer un contrat gazier CAL 2027 à 45 €/MWh au pic de mars, alors que le même contrat s’échange à 35 €/MWh en avril, soit 10 €/MWh de trop pour toute une année de consommation.
- Manque de flexibilité : clauses de résiliation coûteuses ou engagements trop longs.
- Fragilité des fournisseurs : certains acteurs peu solides pourraient disparaître ou renégocier à votre désavantage en période de crise.
Signer alors que le détroit d’Ormuz ouvre et ferme en 24h, c’est prendre le risque de cristalliser ses coûts au moment le plus défavorable.
L’importance d’un diagnostic personnalisé
Chaque entreprise a un profil unique :
- Consommation : intensive, saisonnière ou stable ?
- Exposition aux prix spots : risque-t-elle une explosion des coûts ?
- Besoin de flexibilité : peut-elle attendre 2-3 mois pour signer à un meilleur prix ?
La méthode Watts Up Group méthode en 3 étapes :
1. Analyser vos données (historiques, contrats existants)
2. Simuler des scénarios (hausse/baisse des prix, chocs géopolitiques)
3. Proposer une stratégie énergétique sur mesure
Reprenez la main sur votre stratégie énergétique. Échangeons dès aujourd’hui sur les leviers permettant de protéger vos marges et sécuriser vos coûts énergétiques !






