
Nuno Sobreira
Fondateur Watts Up Group
Nuno accompagne depuis plus de 25 ans les professionnels dans l’optimisation de leurs factures énergétiques et la sécurisation de leurs contrats.
Accises électricité et gaz en 2026 : quels impacts pour les industriels ?
Fiscalité énergétique 2026 : fin progressive des mesures exceptionnelles
Un arrêté du 27 janvier 2026 confirme l’évolution des taux d’accises sur l’électricité et le gaz. La fiscalité énergétique entre dans une nouvelle phase : après les dispositifs exceptionnels mis en place entre 2022 et 2024 pour amortir la crise énergétique, les niveaux de taxation reviennent progressivement vers une logique plus structurelle.
Pendant la période 2022-2024 :
- L’accise avait été fortement réduite
- Certains professionnels bénéficiaient de niveaux historiquement bas
- La fiscalité représentait un poste marginal dans les factures énergétiques
En 2026 :
- Les taux remontent progressivement
- L’accise redevient un coût significatif
- La fiscalité énergétique doit être pleinement intégrée dans les budgets des sites industriels
➡️ Pour les consommateurs les plus énergivores, l’impact peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros supplémentaires par an.
Accise sur l’électricité : un retour à des niveaux structurants
Taux normal : une hausse modérée mais confirmée
En 2026, le taux normal d’accise majoré augmente selon les catégories d’entreprises industrielles.

➡️Une hausse pour les industriels au taux normal, résultant d’une majoration intégrée au prix afin de financer les missions de service public dans les zones non interconnectées.
Taux réduits : une évolution majeure pour les électro-intensifs
Les sites électro-intensifs bénéficient de taux réduits selon leur niveau d’intensité électrique.
En 2025, un taux unique de 0,5 €/MWh s’appliquait aux consommations éligibles.
En 2026, plusieurs niveaux apparaissent :

➡️ Pour de nombreux industriels, la fiscalité augmente fortement malgré un régime dit « réduit ». Elle devient donc un poste de coût strucutrant.
Impact sur les factures d’électricité
En 2026, l’accise sur l’électricité représente généralement entre 20% et 25% de la facture énergétique globale d’un industriel.
Sur de gros volumes, quelques euros supplémentaires par MWh se traduisent rapidement par des montants importants.
Exemples – Taux normal

Exemples – Taux réduits

➡️ L’accise devient un coût structurel qui pèse directement sur les charges d’exploitation.
Accise sur le gaz : une hausse plus marquée pour les usages thermiques
Un taux normal en nette progression
En 2026, le taux normal d’accise sur le gaz naturel est fixé à :
➡️ 16,39 €/MWh
(+6,29 % par rapport à 2025 : 15,42 €/MWh)
La progression est plus rapide que pour l’électricité, renforçant le poids fiscal des usages thermiques.
➡️ Comme pour l’électricité, on retrouve une hausse pour les industriels au taux normal, résultant d’une majoration intégrée au prix afin de financer les missions de service public dans les zones non interconnectées.
Taux réduits : stabilité en 2026
Certaines industries continuent de bénéficier de taux réduits, inchangés en 2026.
Pour les entreprises énergo-intensives soumises au SEQE : ➡️ 1,52 €/MWh
(+0 % par rapport à 2025 : 1,52 €/MWh)
Pour les entreprises énergo-intensives exposées au risque de fuite carbone : ➡️ 1,60 €/MWh
(+0 % par rapport à 2025 : 1,60 €/MWh)
Impact sur les factures de gaz
Comme pour l’électricité, l’accise ne constitue pas le principal poste de coût d’une facture industrielle (environ 20%). Mais avec un taux normal élevé, son impact devient rapidement significatif sur de gros volumes.
Exemples – Taux normal

Taux réduit
Puisque les montants d’acisses restent inchangés, cela n’a donc aucun impact sur les factures de gaz des industriels en taux réduit.
Anticiper pour maîtriser les coûts énergétiques
Trois leviers principaux s’offrent aux industriels :
Optimiser l’éligibilité aux taux réduits
- Vérifier les critères d’électro-intensité et de dépense énergétique.
- Documenter les indicateurs économiques requis.
Intégrer la fiscalité dans les budgets
- Simuler les coûts énergétiques sur plusieurs années.
- Anticiper les hausses pour sécuriser la trésorerie.
Accélérer la transformation énergétique
- Réduire les consommations.
- Améliorer l’efficacité énergétique.
- Limiter la dépendance au gaz lorsque possible.
La fiscalité énergétique 2026 marque un tournant : après plusieurs années de mesures exceptionnelles, les accises sur l’électricité et le gaz retrouvent une logique structurelle. Pour les industriels, l’enjeu n’est plus seulement de subir la fiscalité énergétique, mais de la piloter comme un véritable levier économique et stratégique.




